Paris va-t-il enfin avoir son métro express vers Roissy ?
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22/12/2011 09:51
Un mois après l'abandon du projet CDG Express par le groupe Vinci, le ministre des Transports relance le dossier de desserte de l'aéroport parisien en transport collectif. Une ligne directe, spécialement conçue pour les voyageurs aériens "prêts à payer plus cher" qu'en RER. Un groupe de travail réunissant la SNCF, la RATP, Aéroports de Paris et RFF doit remettre une solution fin février 2012.
Pour de l'express, ça va être express ! Thierry Mariani attend que le groupe de travail composé de la RATP, la SNCF, Aéroports de Paris (ADP) et Réseau ferré de France (RFF) lui soumette une solution de liaison ferroviaire "directe, cadencée, fiable et confortable" entre Paris et l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, d'ici à fin février 2012.
Et mi-mars, le gouvernement prendra sa décision, a annoncé le ministre des Transports, le 21 décembre devant la presse. "Après, ce serait trop tard à cause de l'échéance électorale de mai", a glissé le bras droit de NKM qui veut aller vite.
Cet empressement suppose donc de s'appuyer sur les études existantes élaborées par le groupe Vinci pour le projet CDG Express qui avait fait l'objet d'une déclaration d'utilité publique (DUP) en 2008.
Vinci qui devait exploiter en concession cette ligne dédiée (estimée à un milliard d'euros, valeur 2011), a officiellement jeté l'éponge début novembre 2011 faute de garanties financières (lire l'encadré).
Mais les études sont toujours d'actualité. Et pour "ne pas repartir dans deux ans d'étude" et une nouvelle DUP, elles pourraient même être rachetées à Vinci "si cela est nécessaire", à confirmé Thierry Mariani qui n'exclut pas non plus une subvention publique.
La RATP défend son projet
Mais la RATP défend une autre hypothèse de travail : une liaison certes directe et dédiée vers l'aéroport, mais depuis la gare du Nord, au lieu de la gare de l'Est pour CDG Express. Elle emprunterait les voies parallèles du RER B entre Paris et Aulnay-sous-Bois, pour s'insérer dans les voies du RER B jusqu'à Roissy.
Deux à quatre rames par heure en gare du Nord (les MI84 retirées de la ligne du RER A et rénovées) seraient insérées dans le trafic du RER B et coexploitées par la RATP et la SNCF.
Cette hypothèse ne nécessiterait pas la construction d'ouvrages d'art supplémentaires et coûterait 200 millions d'euros, au lieu du milliard de CDG Express, selon la RATP. "Et serait opérationnelle en 30 mois ", assure une source proche du dossier.
Des arguments choc pour un ministre qui veut aller vite. "Mais on serait obligé de refaire une DUP et ça prendrait du temps", rétorque Hubert du Mesnil, président de RFF.
1ère destination touristique mondiale sans liaison directe vers Roissy
"Si l'on veut rester première destination touristique internationale, on ne peut pas se passer de cette liaison", a commenté Frédéric Lefèbvre, secrétaire d'Etat chargé du commerce et du tourisme.
Quid du projet de desserte de l'aéroport depuis La Défense inscrit dans la loi du Grand Paris (lire) ? "Il n'est pas incompatible, il est complémentaire", assure Thierry Mariani.
Deux systèmes de transport plutôt qu'un ? En attendant, Paris est l'une des rares métropoles européennes à ne pas disposer d'une liaison correcte vers son aéroport distant de 25 km.
Nathalie Arensonas
ZOOM
Pourquoi Vinci a jeté l'éponge ?
Faute de garanties sur le financement et en raison du projet de ligne Grand Paris Express dont une partie du tracé dessert l'aéroport de Roissy, Vinci qui devait être concessionnaire de CDG Express (un financement donc 100% privé) a fini par abandonner le projet début novembre 2011.
Le montage financier élaboré par le groupe de BTP et ses partenaires (Caisse des dépôts, Axa Infrastructures Investissements et l'opérateur Keolis), représentait environ milliard d’euros. Il butait sur des problèmes de financement, tous les acteurs hésitant à s’engager dans un tel projet en pleine crise économique et les incertitudes sur le trafic aérien.



