Une innovation écologique susceptible de partir en fumée… littéralement. Les voitures électriques présenteraient en effet des risques considérables d’incendies. Un rapport publié par l’INERIS (Institut national de l’environnement industriel et des risques) dévoile en effet un certain nombre de critères qui mériteraient davantage de considération selon les experts.
Le boom de la production des voitures électriques, notamment en Europe, n’aurait ainsi pas été suffisamment réfléchie. Car la construction et l’usage de batteries électriques requiert des éléments non considérés par la réglementation automobile actuelle. A commencer par le design de la batterie : le rapport souligne en effet l’importance du choix de son assemblage pour une stabilité et donc une sécurité optimales. A défaut, des courts-circuits internes pourraient être provoqués par un choc, et pourraient être la source d’un incendie pouvant survenir jusqu’à plusieurs heures après l’apparition desdits courts-circuits.
Le rapport met ainsi en garde au sujet des transports et entreposags de véhicules électriques (type ferroviaire ou maritime) et plaide pour leur séparation dans des espaces de stockages dédiés afin d’éviter toute propagation en cas d’incendies. Cela vaut notamment pour les espaces confinés tels que les parkings, puisque la fumée qui s’en dégageraient seraient extrêmement toxique, voire mortelle lorsqu’inhalée à hautes doses. De même, le rapport préconise des distances suffisantes entre les voitures électriques dans les espaces de recharge. Celle-ci, en particulier lorsqu’elle est rapide, présente en effet des risques supplémentaires d’incendies.

Autre point peu rassurant : le rapport demande à établir de nouvelles mesures de précautions quant à l’intervention des secours sur de tels incidents. En effet, les feux électriques ne présentent pas les mêmes caractéristiques que celles rencontrées dans le cas d’accidents impliquants des véhicules thermiques. La plupart des composants utilisés dans les batteries électriques réagissent très violemment au contact de l’eau. Le sodium par exemple se décompose, dégageant du dihydrogène et formant de la soude. Ainsi, avant toute intervention il est nécessaire d’identifier le type de batterie afin de savoir comment combattre le feu. Délicat, notamment dans des situations où la nature des véhicules impliqués peut être difficilement identifiable…
Enfin, le rapport pointe l’absence actuelle de traitements adaptés à chaque types de déchets, jugés dangereux, lorsque la batterie ou le véhicule électrique arrivent en fin de vie. Une multitudes de critères donc que l’INERIS étudie avec attention. Le rapport de l’organisation, certes inquiétant, servira toutefois à une révision de la norme de construction automobile, adaptée aux véhicules électriques. Il ne s’agit donc pas de tourner définitivement le dos à ce que l’on a longtemps appelé la “voiture du futur”, mais de l’adapter, l’améliorer, et la sécuriser – au plus vite. Il en va de la sécurité des usagers et du succès de l’adoption des véhicules électriques.
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Crédits photos : Joseph Simpson / Renault














Réponses
Déclaration commune de 6 parlementaires, à l’occasion des Rencontres Internationales des Voitures Ecologiques 2011
Le véhicule électrique est aussi sûr que le véhicule thermique
Alés, Pôle Mécanique, le 7 juillet 2011 - Nous sommes surpris, étonnés, interpellés par la rafale d’articles qui alertent sur les dangers de la batterie électrique.
Pour l’ensemble de la filière, la sécurité est un prérequis qui ne se discute pas.
Pierre-Franck Chevet, Directeur général de l’énergie au Ministère de l’écologie, a d’ailleurs déclaré publiquement : « Risques spécifiques ne signifient pas plus de risques par rapport aux véhicules thermiques »
Toute technologie comporte des risques intrinsèques, y compris celles que nous utilisons au quotidien.
Nous tenons donc à remettre en perspective les éléments de ce débat.
Le rapport de l’INERIS est un rapport utile et mesuré qui définit la feuille de route pour tous les acteurs de la filière.
L’ensemble des acteurs s’est engagé dès l’origine à assurer aux véhicules électriques le même niveau de sécurité que celui accordé aux véhicules thermiques, et ce sous le contrôle des pouvoirs publics.
La filière industrielle française du véhicule électrique, rappelons-le, se situe aujourd’hui dans le peloton de tête au niveau mondial. La France a lancé le plus grand appel d’offres international de véhicules électriques (50 000).
Ce sont des faits.
Au moment même où les acteurs du monde entier développent cette nouvelle technologie dans un cadre très concurrentiel où les enjeux économiques, sociétaux et écologiques sont colossaux, il convient de laisser à la France et à cette filière industrielle émergente les meilleures chances de réussite.
Louis Nègre, Sénateur, Rapporteur du Grenelle II, auteur du Livre Vert sur les infrastructures de recharge pour les véhicules décarbonés
Marcel Deneux, Sénateur
Richard Mallié, Député, Premier Questeur de l’Assemblée nationale
Max Roustan, Député-Maire d’Alès, Président du Grand Alès et du
Pays Cévennes, organisateur des Rencontres Internationales des Voitures Ecologiques
Alfred Trassy-Paillogues, Député et Président du Groupe d’Etudes sur l’Automobile à l’Assemblée nationale
Philippe Vitel, Député du Var
Bernard Darniche, Président de l’Institut Les citoyens de la route
Philippe Aussourd, Président de l’Avere-France, association professionnelle pour le développement de la mobilité électrique
Marc Teyssier d’Orfeuil, Délégué général du Club des Voitures Ecologiques