Les voitures électriques sont-elles des dangers ambulants ?

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Zegreenweb
30/06/2011 12:04

Une innovation écologique susceptible de partir en fumée… littéralement. Les voitures électriques présenteraient en effet des risques considérables d’incendies. Un rapport publié par l’INERIS (Institut national de l’environnement industriel et des risques) dévoile en effet un certain nombre de critères qui mériteraient davantage de considération selon les experts.

Le boom de la production des voitures électriques, notamment en Europe, n’aurait ainsi pas été suffisamment réfléchie. Car la construction et l’usage de batteries électriques requiert des éléments non considérés par la réglementation automobile actuelle. A commencer par le design de la batterie : le rapport souligne en effet l’importance du choix de son assemblage pour une stabilité et donc une sécurité optimales. A défaut, des courts-circuits internes pourraient être provoqués par un choc, et pourraient être la source d’un incendie pouvant survenir jusqu’à plusieurs heures après l’apparition desdits courts-circuits.

Le rapport met ainsi en garde au sujet des transports et entreposags de véhicules électriques (type ferroviaire ou maritime) et plaide pour leur séparation dans des espaces de stockages dédiés afin d’éviter toute propagation en cas d’incendies. Cela vaut notamment pour les espaces confinés tels que les parkings, puisque la fumée qui s’en dégageraient seraient extrêmement toxique, voire mortelle lorsqu’inhalée à hautes doses. De même, le rapport préconise des distances suffisantes entre les voitures électriques dans les espaces de recharge. Celle-ci, en particulier lorsqu’elle est rapide, présente en effet des risques supplémentaires d’incendies.

Autre point peu rassurant : le rapport demande à établir de nouvelles mesures de précautions quant à l’intervention des secours sur de tels incidents. En effet, les feux électriques ne présentent pas les mêmes caractéristiques que celles rencontrées dans le cas d’accidents impliquants des véhicules thermiques. La plupart des composants utilisés dans les batteries électriques réagissent très violemment au contact de l’eau. Le sodium par exemple se décompose, dégageant du dihydrogène et formant de la soude. Ainsi, avant toute intervention il est nécessaire d’identifier le type de batterie afin de savoir comment combattre le feu. Délicat, notamment dans des situations où la nature des véhicules impliqués peut être difficilement identifiable…

Enfin, le rapport pointe l’absence actuelle de traitements adaptés à chaque types de déchets, jugés dangereux, lorsque la batterie ou le véhicule électrique arrivent en fin de vie. Une multitudes de critères donc que l’INERIS étudie avec attention. Le rapport de l’organisation, certes inquiétant, servira toutefois à une révision de la norme de construction automobile, adaptée aux véhicules électriques. Il ne s’agit donc pas de tourner définitivement le dos à ce que l’on a longtemps appelé la “voiture du futur”, mais de l’adapter, l’améliorer, et la sécuriser – au plus vite. Il en va de la sécurité des usagers et du succès de l’adoption des véhicules électriques.

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Crédits photos : Joseph Simpson / Renault