Le MIT invente l’avion du futur : le « Double Bubble », plus gros, plus "écolo" !
Un tour en avion, c’est d’ordinaire beaucoup de CO2 libéré dans l’atmosphère. Pour réduire l’impact de l’aviation sur de la planète, le Massachussetts Institute of Technology (MIT) a toutefois mis au point l’avion « écolo » du futur, le « Double Bubble », qui permettra d’économiser jusqu’à 70% de carburant. Pas négligeable au vu de l’évolution du trafic aérien prévue pour les prochaines années, +5 % par an et vraisemblablement un doublement du trafic d’ici 2035.
La plupart des estimations actuelles font état de 4 à 8 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique imputables au secteur de l’aéronautique. Cette contribution pourrait même atteindre 15 % et dépasser celle du domaine agricole d’ici 20 ans. La paralysie du trafic aérien lors de l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull a néanmoins prouvé que l’humanité n’était pas en mesure de se passer de l’avion. C’est pour relever ce défi écologique que la NASA (National Aeronautics and Space Administration) a lancé le concours « N +3 » (NDLR : « N +3 » pour trois générations après l’actuelle) pour inventer les futures générations d’avion à usage commercial .
Un design révolutionnaire
Parmi les dessins et prototypes reçus (de Boeing, GE Aviation ou encore Northrop), c’est le concept réalisé par les ingénieurs du MIT du Double Bubble qui a convaincu le jury. Avec un objectif de réduction de 75% de ses émissions polluantes et de 70% de sa consommation de carburant, il pourrait devenir le premier gros porteur « écolo » du monde et donner un coup de jeune au design du vieillissant Boeing 737. « Les silhouettes des avions sont fondamentalement restées les mêmes au cours des 50 dernières années», rappelle un ingénieur du MIT (Massachusetts Institute of Technology), qui donne donc un autre argument pour justifier du bien-fondé du projet.
Du point de vue esthétique le Double Bubble se démarque d’abord par son fuselage. Alors qu’un fuselage « standard » est de forme cylindrique, le sien est en effet constitué de deux cylindres côte à côte dont une partie est fusionnée, un peu comme lorsque deux bulles de savon se rencontrent.
Habituellement placés sous les ailes, les moteurs ont quant à eux été positionnés à l’arrière, au niveau de la queue. Ainsi, au lieu d’aspirer de l’air très turbulent à haute vitesse, il aspire un air plus lent qui exerce moins de résistance, d’où une baisse importante de la consommation de kérosène et une pollution sonore moindre, ce que les riverains des aéroports apprécieront.
Des économies de bout de chandelles ?
Les ailes ont par ailleurs été conçues très larges pour augmenter leur portance et à l’inverse l’empennage ainsi que la queue ont été réduits pour minimiser les frottements dans l’air. Les matériaux utilisés sont enfin plus légers et le Double Bubble, 10 % moins rapide que le Boeing 737 qu’il doit remplacer, peut décoller et atterrir sur des pistes plus courtes. Mises bout à bout, toutes ces petites économies représentent à l’arrivée un gain de 70 % de carburant par rapport aux avions de même catégorie.
En plus de ce modèle subsonique, les ingénieurs du MIT ont aussi conçu un modèle réduit supersonique pour tester l’efficacité de leur design. En attendant que les maquettes deviennent réalité, une deuxième version construite avec les matériaux actuels (aluminium et autres technologies standards) pourrait être proposée plus rapidement. Elle ne réduirait certes la consommation de kérosène que de moitié mais cette proportion pourrait suffire à motiver les investisseurs en attendant deux générations d’avion.
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Crédit photo : MIT















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