
Le bruit est régulièrement placé en tête des pires nuisances supportées par les français. Le bruit est devenu bien plus qu’une gêne, on parle maintenant de pollution sonore et celle-ci aurait des répercussions néfastes sur notre santé ainsi que sur notre écosystème.
A quoi sont dues ces nuisances sonores ? Principalement à la circulation automobile, aux aéroports, à certaines zones d’activités ou encore aux travaux…la liste est longue. Le manque d’isolation des infrastructures ainsi que le manque d’installations anti bruit aggravent les répercussions de cette pollution.
Un rapport de l’OMS a conclu en 2011 qu’une personne sur trois était exposée dans la journée à des bruits pouvant nuire à sa santé. Ces conséquences sur notre santé vont du simple stress à la perte d’audition en passant par des insomnies, des dépressions….
Considérez-vous la pollution sonore comme un risque pour votre santé ? Avez-vous connu des troubles à cause de ces nuisances?
Quelles sont les mesures prises et les trouvez-vous efficaces?Que peut-on proposer pour y remédier ?
crédits image : demain.zeblog.com/














Réponses
Le bruit est omniprésent dans notre vie quotidienne. Et l'on n'image pas les conséquences qu'il peut avoir sur notre organisme et sur le fonctionnement des écosystèmes.
Le centre-ville de Nîmes, comme l'ensemble des centre-villes du Sud de la France, perd ses habitants à cause de l'organisation d' "animations" soit-disant destinées à les faire vivre. Ces animations consistent à 80% à mettre de la musique amplifiée dans tous les bars, sur les trottoirs ou même sur les places, jusqu'à 1 h du matin ou pire, les manifestations les plus bruyantes étant organisées par les municipalités elles-mêmes. Les riverains ne peuvent plus dormir et s'en vont vivre ailleurs, et la ville se vide d'abord des habitants, puis des commerces traditionnels qui perdent leur clientèle.
L'arsenal juridique de lutte contre le bruit est tout à fait respectable et à notre avis suffisant... mais les lois et décrets ne sont simplement pas appliqués. Les maires sont dans le dispositif juridique la pièce charnière en matière d'application des règlements... or souvent ce sont les municipalités qui montrent le mauvais exemple, simplement par inculture et mauvaise analyse des conséquences. On n'est pas dans une mauvaise intention mais simplement dans un manque de jugement et d'observation, favorisant des projets d'animation à court terme qui tuent le tissu social à moyen terme. Le problème de santé public est par ailleurs considérable, nombre de jeunes perdant peu à peu l'audition (ce qui est irrémédiable).
Nous luttons pour notre part contre le bruit à Nîmes. Nous avons constitué un site internet (www.nimes-sans-bruit.com) où nous rappelons les règlements existants et l'obligation des maires à tenir la règlementation (cette absence de tenue étant actuellement le problème que nous avons identifié comme n°1 ici). Un grand nombre de textes et d'informations utilisable par tous ceux qui voudraient monter un site contre le bruit sur leur ville y est présent et peut-être repris en échange d'un simple lien sur la source.
Plus on sera nombreux et plus la conscience du problème viendra. A cause des conséquences sur la santé et à cause de l'effondrement du tissu social dans certains centre-ville, il y a urgence. Mais la route sera longue.
Notre Association nationale Antibruit de Voisinage (A.Ab.V.) s’intéresse depuis 32 ans aux nuisances sonores de voisinage, c’est-à-dire celles qui vous agressent à votre domicile. Ce sont les bruits de comportements, le bruit des animaux, des activités professionnelles ou sportives et activités de loisirs… Nous laissons les bruits de transports et infrastructures routières aux autres associations spécialisées.
Quels sont les méfaits de ces bruits particuliers sur l’organisme et le psychisme ?
Les résultats de notre enquête nationale permanente, accessibles à tous (www.aabv.fr), donnent en n°1 le stress, puis l’anxiété et les insomnies, les difficultés de concentration ; le bruit de voisinage devient une obsession et rend agressif. On se sent agressé et persécuté. 45% des sondés ne supportent même plus la musique qu’ils aimaient…
Quant aux enfants, les parents disent qu’ils sont moins attentifs, plus énervés et s’endorment moins facilement.
Nous vous invitons également à lire, dans notre rubrique « Les méfaits du bruit sur la santé » deux études, l’une du Docteur De Brunanchon et l’autre de la Psychologue Ariane Bilheran.
Ne rien faire pour enrayer rapidement l’ensemble des pollutions sonores coûterait cher à la société en termes de santé, de productivité, de qualité de vie.
Il est urgent que chacun se penche sérieusement sur ces problèmes, mal connus car ignorés, que chacun prenne conscience que le bruit n’est pas une fatalité et qu’il existe une solution à chaque nuisance sonore. Tout est question de bonne volonté, de bon sens et de citoyenneté.
Merci à tous pour vos contributions !
Effectivement, la lutte contre le bruit n’est pas facile à mettre en place. Elle est entrée dans la législation depuis 1992, c’est au maire dans le cadre du plan d’urbanisme de limiter les bruits (action de police et de prévention). Toutefois, elle n’est pas assez appliquée et difficile à mettre en place.
Selon les exigences du Grenelle de l’environnement, une mission d'information sur la lutte contre les nuisances sonores a été créé en France. Ses objectifs sont de développer des meilleures adaptations pour les infrastructures, prendre en charge le coût de l’isolation des projets d’infrastructures et concevoir la lutte contre le bruit.
Pour donner une idée des bruits que l’humain supporte, voici une échelle des différents sons :
http://sboisse.free.fr/planete/images/echelle_bruit.png
Un indice pour mesurer le bruit a été annoncé pour 2014 sous le nom de project Harmonica (Harmonised noise information for citizens and authorities - Information harmonisée sur le bruit pour les citoyens et les autorités).
"On s'est dit que ce serait bien de faire la même chose que sur l'air, c'est-à-dire créer un indice pour mesurer le bruit, un indice qui soit correct scientifiquement mais en même temps vulgarisé pour le grand public", a expliqué mardi Fanny Mietlicki, directrice du projet.
Une échelle de 1 à 10 va définir les nuisances causées par la pollution sonore.