L’organisation de l’aviation civile internationale (OACI) vient d’adopter une résolution visant à plafonner les émissions de gaz à effet de serre (GES) à compter de 2020.
Des scientifiques du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont publié à la fin du mois dernier une étude aux conclusions préoccupantes. Rappelons en effet qu’ils ont évalué à huit mille le nombre de morts annuelles dues aux rejets carbone générés par les avions de ligne en altitude de croisière. Un chiffre qui, même s’il ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan des victimes de la pollution de l’air, justifie les efforts écologiques déployés piano mais sano par le secteur de l’aéronautique depuis la seconde moitié de la décennie écoulée.
Des efforts qui se sont notamment traduits par la mise au point de kérosènes alternatifs auxquels un nombre croissant de compagnies aériennes font aujourd’hui les yeux doux, ou encore par des expérimentations ayant pour finalité de réduire la pollution des différentes procédures en vol et au sol. Nous avons aussi évoqué en juin dernier le Salon de l’Aviation verte, lequel se tient depuis l’an passé au Salon du Bourget et démontre non seulement les bonnes dispositions des acteurs mais aussi les progrès réalisés par les ingénieurs pour (re)dorer le blason d’une branche connue et reconnue comme étant l’une des moins respectueuses de l’environnement.
EADS et Boeing eux-mêmes ne semblent plus vouloir tout céder à la fatalité, et si le rêve d’un gros-porteur solaire n’est pas encore technologiquement accessible force est de reconnaître que le développement durable entre désormais en ligne de compte dans la stratégie d’ensemble de leurs dirigeants.
Un pas supplémentaire a été franchi le 8 octobre dernier avec la ratification par les cent quatre-vingt dix pays membres de l’OACI d’un texte qui constitue une première historique dans la mesure où aucune institution onusienne n’avait jusque là paraphé un accord sectoriel visant à réduire les émissions de CO2. Scellé lors de la trente-septième assemblée générale de l’Organisation à Montréal (Canada) au terme de dix jours de discussions, l’accord sectoriel autorise notamment les États et les organismes compétents à faire appel aux mécanismes du marché pour limiter les rejets carbone. Il reconnaît en outre le système de droits d’émissions européen (ETS), adopté par le Conseil et le Parlement européen dans le sillage du paquet énergie-climat. Devant entrer en vigueur en 2012, ledit système doit instaurer une taxe visant les émissions des vols au départ et à l’arrivée de l’Europe.
« Une avancée dans la lutte contre le réchauffement climatique »
L’amélioration de 2 % du rendement du carburant jusqu’en 2020 a elle aussi été entérinée, tant et si bien que les biocarburants devraient grandement investir les réservoirs d’ici à la prochaine décennie. La concorde doit enfin permettre de compenser la pollution due aux liaisons à destination et en provenance des pays en développement (PED) sans pour autant les pénaliser, les États ne s’étant vus attribuer aucune obligation particulière, aussi il leur appartient de déterminer des objectifs plus ambitieux pour compenser l’impact écologique de l’augmentation des liaisons précitées.
« L’OACI et ses États membres ainsi que les organisations compétentes travailleront de concert pour s’efforcer de réaliser à moyen terme un objectif ambitieux collectif consistant à maintenir les émissions nettes mondiales de carbone provenant de l’aviation internationale au même niveau à partir de 2020 », résument les signataires.
Eu égard au développement constant du trafic aérien l’Organisation s’est fixée un défi certes rendu nécessaire par la dégradation de la conjoncture environnementale mais qui n’en demeure pas moins ô combien difficile à relever.
L’avenir dira s’il ne s’agit là que d’un catalogue de bonnes intentions mais la symbolique de ce texte précurseur est en tout cas incontestable. Elle a du reste été soulignée par le ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo et le Secrétaire d’État aux Transports Dominique Bussereau, selon lesquels la communauté de l’aviation civile est désormais « définitivement du côté de la lutte contre le réchauffement climatique ». « Il s’agit d’une première étape qu’il conviendra de renforcer prochainement. Dans la perspective de la conférence de Cancun [...], cet accord est une avancée dans la lutte contre le réchauffement climatique », ont également estimé MM. Borloo et Bussereau.
« C’est le premier secteur des transports à parvenir à un accord global. C’est un succès majeur », a renchéri Helen Kearns, porte-parole du Commissaire européen aux Transports Siim Kallas, qui souligne que cette résolution « n’empêche personne d’aller plus loin et plus vite ». Même satisfaction du côté de l’Association internationale du transport aérien (AITA), qui a salué dans un communiqué « le premier accord intergouvernemental global se donnant pour objectif de stabiliser les émissions de carbone ».
Les contours d’une aéronautique civile plus « verte » sont désormais esquissés. Reste maintenant à concrétiser ces engagements porteurs de nombreux espoirs. Irrésistible ascension du trafic oblige, ils ne sauraient être déçus.
Retrouvez tous nos articles traitant d'éco mobilité sur http://www.zegreenweb.com/sinformer/transports
Crédit photo : Flickr – Tab59













