
Présentation du " Baromètre de l’opinion des Français sur la mobilité durable, Mobivia Groupe-SNCF pour les Ateliers de la Terre, par Jean-Daniel Lévy, Directeur du Département Opinion & Corporate, Harris Interactive"
Des avancées notables ont été réalisées dans le domaine de la mobilité. Mais la mesure de ces innovations appelle un changement des modes de vie et ne sera prise en compte que dans une logique d’opti-modalité. Comment alors renforcer les synergies entre les différentes innovations ? Comment mettre en place un système cohérent et unifié de mobilité propre ?
Bénédicte BARBRY, Directrice Communication en charge du Développement Durable, Mobivia Groupe
Bernard EMSELLEM, Directeur Général Délégué Ecomobilité, SNCF
Fernando LOZADA ISLAS, Professeur de Mobilité Urbaine, Université de Ciudad Juarez (Mexique)
Mercedes MUNOZ ZAMORA, Directrice, EGWA, European Greenways Association (Spain)
Modérateur:
Dominique PIALOT, La Tribune
Eco-mobilite.TV animera ce débat en temps réel le mardi 27 septembre à 15h45 à Evian, dans le cadre de la Global Conférence. N'hésitez pas à laisser vos commentaires, poser des questions ou proposer des idées.
















Réponses
La première journée de la Global Conference touche à sa fin.
Dès demain, mardi 27 septembre, suivez en direct à partir de 15h45 les échanges entre les acteurs de la mobilité. Ils 'exprimeront sur la problématique de la refonte des déplacements ; vous pouvez d'ores et déjà poser vos questions !
J'y serai ! Il est temps que la sociologie s'en mêle...
Oui pour mettre en place un système cohérent et unifié de mobilité propre... mais... Par ou commencer pour une ville telle que Los Angeles?
Les conférences de cet après-midi ont pris du retard, le débat sur la mobilité ne commencera alors pas avant 16h. Nous vous tenons informés !
En synthèse qu'elle opinion ont les français aujourd'hui sur l'évolution de la mobilité urbaine?
Le focus sur l'eau touche à sa fin, celui sur la mobilité devrait commencer d'ici 15 minutes...
Les intervenants sont installés, le débat commencera dans 5 minutes !
C'est parti !
Les intervenants présenteront les résultats de l'enquête : "le baromètre de l'opinion des Français sur la mobilité durable."
La mesure perçue comme la plus efficace consiste à réduire le coût supporté par les usagers pour les transports publics ; cette dimension de prix apparaît relativement importante pour les 2/3 des Français. http://www.mobiviagroupe.com/spip.php?article454
Les français sont prêts à :
-rouler à une vitesse constante
-privilégier d'autres modes de transports que l'automobile
-faire réviser leur voiture
...
Les raisons de ce changement de comportement : la hausse du prix du carburant, ou encore le prix de l'entretien. En revanche, la qualité de l'air prend moins le pas par rapport aux préoccupations économiques si l'on compare les chiffres à ceux des années précédentes.
Les changements souhaités en matière de voiture : environnement, coût et sécurité !
Les intervenants seront alors chargés d'apporter des réponses aux interrogations soulevées dans cette étude.
Mercredes Munoz présente les Voies Vertes, une association qui promeut des communications autonomes pour le trafic non motorisé (vélo, roller, personnes handicapés, ...)
Les français trouvent les transports inadaptés à leurs besoins, et les trouvent trop chers.
Dominique Pialot, modératrice : imaginer un monde qui se déplace moins est assimilé à un mode de "decroissance".
Dominique Pialot : le débat s'articulera autour de 3 thématiques : la nécessité de travailler sur l'offre des mobilités, un énorme besoin de pédagogie sans langue de bois, et la question du coût des transports en commun
Dominique Pialot s'adresse à Fernando Lozada: Le transport en commun est le transport des pauvres dans les pays émergeants, comme le Mexique ?
Fernando Lozada : "dans certaines villes, les transports publics ont été stigmatisés par le président de la République lui-même, qui a affirmé que les transports étaient subventionnés parce qu'ils étaient destinés aux plus démunis."
Fernando LOZADA ISLAS : Le transport est une manière de booster les activités de la ville. En France, vous l'avez compris. En Amérique Latine, si mon transporteur m'apporte des légumes en mauvais état, il va se plaindre. Par contre, si les salariés arrivent au travail épuisés, personne n'est accusé.
Bernard EMSELLEM : Quand le service est de qualité, il entraîne de plus en plus d'utilisation. A mesure qu'on augmente la qualité, on augmente le nombre d'utilisateurs.
Bernard Emsellem : Quand il y a attractivité, les gens utilisent les transports. On l'a vu avec les TER !
Dominique Pialot : Les interconnexions sûres, nombreuses et pratiques entre modes de transport sont tout aussi importantes...
Mercedes Munoz : "S'il y a la sécurité, les gens peuvent se déplacer à pied, à vélo. Il y a des études qui montrent que 30% des gens qui se déplacent en voiture font moins d'1Km. Les voies vertes sont très importantes, elles créent un maillage pour l'interconnexion de la ville. Seville, en Espagne, est un bon exemple."
Fernando Lozada : Il y a eu quelques expériences de pistes cycliables au Mexique, mais les autorités font ça très rapidement, sans concertation avec la société civile. En revanche, en Colombie, quand ils lancent des voies dédiées, ils font l'effort d'aller parler avec les citoyens pour introduire le service et gagner la confiance des utilisateurs.
Fernando Lozada : "De manière générale, il y a un problème en Amérique Latine à ne pas négliger : c’est la sécurité publique."
les transports publics sont un levier de croissance économique : déplacement pour aller travailler ou pour aller consommer. En tant que tels, ils devraient être 100% gratuits : il ne doit pas y avoir de modèle économiques dans les transports publics basés uniquement sur les coûts d'exploitation et le prix du ticket / abonnement. Toutes les villes ont intérêt à ce que les habitants ou visiteurs puissent se déplacer facilement, rapidement, et en sécurité dans leur périmètre et en liaison avec les autres villes. La multiplication des offres de transports publics (obligatoire dès qu'on passe à la gratuité) permet ensuite de faire sortir les voitures individuelles des villes (parkings relais, péages, interdiction, ...) ainsi que la mise en place de services de livraison écologiques (je fais mes courses en me déplaçant grâce aux transports publics et je me fais livrer par un moyen de transport respectueux de l'environnement... Alors, on s'y met quand ?
Bénédicte Barbry : On est passés du culte de sacralisation de la voiture à un culte utilitariste de la voiture. Les gens en ont besoin et c'est presque devenu une contrainte incontournable
Bénédicte Barbry : Nous avons en face de nous 20 millions d'automobilistes très préoccupés par leur mobilité. Les gens veulent bien faire, mais dans la limite de leurs moyens.
Bénédicte Barbry : Il faut arrêter d'opposer les modes de transport. La solution est dans l'addition des modes de transport en fonction des clients. C'est pourquoi on a développé une offre, ce qui nous a amené à ouvrir un magasin à Lille qui s'appelle Altermove, qui propose des solutions alternatives de mobilité.
Benédicte Barbry : cela passe par la location, le roller, la mobilité électrique, le covoiturage mais également l'autopartage.
Dominique Pialot : Si on veut faire émerger cette nouvelle offre, il faut faire collaborer les différents acteurs. Il y a un émiettage de la décision politique concernant les transports, qui est très préjudiciable pour cette intermodalité.
Bénédicte Barbry: A Altermove, nous proposons le diagnostic mobilité où l'on présente les besoins de mobilité, ce qui aboutit à un bilan, en fonction des critères économiques. C'est une expérimentation.
Dominique Pialot : En termes de perception, pensez-vous que les gens savent combien ça coûte un trajet en train ou en voiture ?
B. Enselem : Je pense qu'il faut partir de la façon dont les gens raisonnent. Quand on fait une enquête, le covoiturage arrive en dernière position.
D. Pialot : Vous m'aviez dit que les gens ne veulent pas faire du covoiturage dans le cadre d'une entreprise parce qu'ils savent sur qui ils vont tomber...
B. Enselem : A un moment, quand on encourageait les gens à venir en vélo à la gare, c'était une façon de faire un don à la collectivité.
B Emsselem : Finalement c’est génial les embouteillages, parce que pendant qu’on est coincés, on n’a pas à préparer le repas à la maison, à s’occuper des enfants, et on peut écouter la VRAIE émission de radio que l’on veut écouter, sans avoir à la négocier !
B. Emsellem : C'est vrai que nous devons inventer les solutions, mais tout d'abord il faut bien comprendre comment ils fonctionnent dans la vraie vie.
Mercedes Munoz : Si on a de belles infrastructures sécurisées, les gens vont changer. En tant que citoyens, il faut exiger ces infrastructures à nos politiques.
Mereces Munoz : Dans certains pays nordiques, il y a une vraie culture du vélo. Il faut investir là-dessus.
Dominique Pialot : En Chine, l'accès à la voiture individuelle est indissociable à la croissance du pays. Malheureusement, nous n'avons pas le temps de traiter ces questions.
Nous passons maintenant aux questions de la salle.
Question d'un étudiant sur la légitimité démocratique de la mobilité durable.
Bénédicte Barbry : Pour moi, on ne peut pas parler de mobilité durable que si on prend en compte le pilier économique.
Bénédicte Barbry : Nous croyons au modèle de partage qui doivent apporter une solution écologique et aussi économique, car ils réduisent le coût du trajet.
Bernard Emselem : La dimension sociétale, c'est-à-dire, traiter l'exclusion, est très importante. Il faut être imaginatifs pour permettre aux personnes âgées avec des bagages et des enfants de prendre le train et pas la voiture. C'est ça un service démocratique.
Dernière question : Ma question concerne les entreprises qui génèrent de plus en plus de déplacements dans le monde. Je pense que la voiture reste un symbole de pouvoir et de réussite sociale. Que font les entreprises pour réduire la dépendance de la voiture de leurs collaborateurs?
Bénédicte Barbry : Avant, nous avions des clients qui adoraient le tunning et aujourd'hui, tous nos études nous signalent que les automobilistes voient la voiture comme un mal nécessaire.
Bénédicte Barbry : Côté entreprise, nous réduisons le nombre de déplacements à l'étranger via des réunions téléphoniques ou mettons en place des PDE (plans de déplacements entreprise) par exemple...
C'est sur cette illustration que ce focus se termine ! Merci de nous avoir suivis, n'hésitez pas à poursuivre le débat en ligne. A très bientôt sur Ecomobilite.TV !