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Les anglais l'appellent la range anxiety. Traduction : la peur de voir l’énergie de ses batteries s’épuiser avant d’atteindre une (encore) trop rare borne de recharge. Aujourd’hui, elle constitue l’un des freins à l’adoption massive du véhicule électrique. Et si on levait le voile sur le sujet en explorant les solutions pour dépasser cette peur de tomber en panne de batterie ? Comment ? D’abord, en visitant une communauté d’individus bien disposés à partager leurs prises. Puis nous nous intéresserons à la recharge sans-fil, une solution prometteuse dans un avenir pas si lointain. Ça vous branche ?
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Commentaires
La peur de « panne sèche » est indiscutablement un frein au dvlpt actuel des VE. Mais l’erreur n’est-elle pas d’abord de chercher à reproduire à l’identique ou presque les usages nombreux satisfaits par les voitures traditionnelles avec les VE?
Pour que véhicule électrique rime avec mobilité durable, la première étape consiste d’abord à positionner leur usage et leur pertinence au regard de nos besoins réels en mobilité.
Prenons l’exemple des quadricycles électriques qui constituent une offre nouvelle en mobilité très pertinente au regard des besoins quotidiens de milliers d’automobilistes. Pensez-vous vraiment que la peur de la panne sèche soit une raison valable pour ne pas franchir le pas? Non!
Pour les trajets plus longs, il est clair que les véhicules traditionnels à moteur essence/diesel ou hybride auront encore pleinement leur rôle à jouer dans le futur, même avec une contrainte très forte sur le CO2.
Plutôt qu’une contrainte, l’autonomie des VE doit donc être perçue comme une opportunité en faveur de la multi-modalité.
Car on peut toujours tourner le pb dans tous les sens, seule un dvlpt massif de la multi-modalité est à même de relever tous les défis de la mobilité durable.
Les véhicules électriques légers (quadricycles) ont à l’évidence une part importante à jouer dans ce futur là même avec une autonomie ~ 100km.
Une fois encore, n’attendons pas tout de la technologie. Misons aussi sur les indispensables changements de comportements, un point de passage obligatoire.
Le développement d’un réseau d’infrastructures de recharge dit de « réassurance » est primordial pour accompagner le développement du marché du véhicule électrique. Bien que ce type de charge ne concernera à terme en France pas plus de 10% des recharges, elle joue un rôle psychologique fort.
D’un point de vue technique, la charge par induction pourra répondre à une partie de la problématique de la réassurance. Les initiatives en la matière sont nombreuses : Induct en France, Bombardier en Allemagne, Chargemaster/Halo IPT en Grande-Bretagne, … D’autres solutions sont également déjà opérationnelles, comme les bornes de recharge rapide permettant de recharger 80% de sa batterie en moins de 20 minutes. Ces infrastructures vont se multiplier en Europe, notamment au travers du programme du constructeur Nissan qui compte déployer 400 bornes au sein d’entreprises et de collectivités dès février 2012.
Le système Quick-Drop de Better Place permettant d’échanger la batterie déchargée de son véhicule contre une batterie pleine en 3 minutes peut également constituer un moyen de pallier ce besoin en réassurance. Ce système n’est toutefois pas universel et est réservé à des modèles spécialement conçus, la Renault Fluence étant le premier modèle compatible.
Enfin, le développement d’un réseau de recharge « normale » sur la voirie, les parkings des enseignes de la grande distribution ou en concession complètera l’offre de recharge de réassurance.
Anthony BING
Partner e-Motility